La vigne

De part sa terre (climat en oenologie) et son exposition, les côteaux se prêtent parfaitement à la culture de la vigne. Ils étaient tous recouverts de vignes. A cette époque, il n'y avait pas d'arbres, tout était en vigne. On remarque encore les "meurgers", ces énormes lignes et tas de cailloux à flanc de côteaux. Il faut s'imaginer qu'ils ont été érigés par l'homme qui dépierrait "à la main et hotte sur le dos", travail titanesque mais qui avait aussi la vertu d'emmagasiner la chaleur la journée et la restituer la nuit ; de plus ces meurgers endiguaient l'érosion.

Situé à seulement 200 km de Paris, son vin était fort apprécié, surtout le côteau orienté sud-ouest, même des marchands de Chablis venaient en chercher.
En 1882 à son apogée le vignoble d'Arcy comptait 550 ha de vignes.
Le hameau ne vivait que de la vigne, le peu de cultures et d'élevage ne servaient qu'à l'autosuffisance.
Les conditions de vie des habitants du Beugnon étaient très dures, souvent ils ne possédaient que de petites parcelles (treilles) très morcelées par le jeu des mariages (faute d'argent, on donnait une ou deux treilles comme dot de la mariée).
Le hameau a compté jusqu'à 250 habitants (on vivait à quatre et plus dans une seule pièce).
Mais deux évènements vont venir bouleverser la vie du Beugnon :
Le premier, l'arrivée du chemin de fer, et la percée du tunnel de St Moré en 1852, qui va entrainer la concurrence de vins de vignobles plus éloignés de la capitale, et isoler le hameau des voies de communication.
Le deuxiéme, le plus dramatique, l'apparition du Phylloxèra (puceron ravageur de la vigne) originaire de l'Est des Etats Unis, dont la présence en Europe est signalée en 1861, qui va détruire et ruiner entièrement le vignoble du Beugnon et des alentours. Il faudra attendre plus de trente ans pour éradiquer cet insecte, mais il sera trop tard.
Pour le hameau, c'est le début du déclin, les jeunes "montent" à Paris pour trouver du travail et une partie de ceux qui sont restés vont être tués à la guerre 1914/1918.
Les vignes sont remplacées par des sapins ou restent en friche, seules traces de ce passé les meurgers et quelques cabanes en pierre de vigneron.